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 [Livre] LA BATAILLE DE CRECY

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Loicisdumb
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Date d'inscription : 29/06/2006

MessageSujet: [Livre] LA BATAILLE DE CRECY   Lun 4 Sep - 21:25

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LA BATAILLE DE CRECY


Le 26 aout 1346




La guerre de Cent Ans ( XII ème et XIV ème siècles ) est un décor historique de premier plan. La paix ne s'est jamais vraiment dessinée comme un espoir durable. Le royaume de France est encore fragile car non centralisé et aux mains d'un pouvoir fort et unique. Néanmoins les rois se succédant font tous pour établir leur souveraineté sur les nombreux territoires définissant la féodalité. Tel est le cas d'un Philippe Le Bel qui exerce son autorité légitime sur le duché de Guyenne. Seulement, c'est un autre roi, qui avait en d'autres temps rendu hommage à Saint Louis qui se trouve être le vassal concerné par l'affaire. Édouard III préparait un nouveau débarquement, qu'il ne savait encore où fixer, lorsque son adversaire lui épargna de trop longues hésitations en condamnant a l'exil un grand seigneur normand, Geoffroy d'Harcourt, lequel courut se mettre au service des Anglais, leur offrant libre accès en Cotentin.

La bataille de Crécy (26 Août 1346).

Le 12 juillet 1346, Edouard III après être débarqué dans le Cotentin à Saint-Vaast-La-Hougue avec environ 12000 hommes, après avoir massacré la population de la ville de Caen, se dirige vers Paris puis remonte vers le Nord, après avoir traversé la Somme au Gué de Blanquetaque le 24 août dans la matinée. Godemars du Fay qui défendait le passage, uniquement accessible à marée basse, est battu et se réfugie avec le reste de sa troupe à Saint-Riquier. Au matin de ce jour, le roi de France parvient à Oisemont, où les anglais étaient encore là quelques heures plus tôt. L'armée française doit passer la nuit à Abbeville où elle est accueillie par son Maire, Colart-Le-Ver. Philippe VI y passera la journée du 25 août, fête de la Saint Louis. Des renforts y arrivent en masse.
Edouard III remontant vers le Nord, se dirige vers Noyelles qu'il encercle. Le château tenu par Catherine d'Artois, fille de Robert d'Artois, ancien compagnon d'Edouard, est épargné. Les Anglais remontent vers Labroie où ils passeront la nuit, épuisés, pendant que les troupes d'Hugues Spencer poussent jusqu'au port du Crotoy bientôt détruit. Spencer poursuit son raid, pénètre dans Rue qu'il brûle après y avoir pris des vivres.
Le 25 août, le roi Edouard III change brusquement de route. Alors qu'il remontait vers Montreuil, il se dirige désormais vers l'est, passe entre les forêts de Crécy et de Cantâtre un peu plus au sud, traverse Sailly-Bray, Nouvion, Forest-l'Abbaye et Marcheville. Il décide au terme d'une longue journée de marche, 21 kilomètres environ, de s'arrêter à Crécy et d'y attendre l'armée française qu'il sent très proche . Reposés, nourris et moralement préparés, ils s'apprêtent à livrer bataille. Les chariots sont disposés en cercle fermé proches des archers puisqu'ils recèlent les réserves de flèches. Les chevaux sont réunis dans l'enclos formé par les chariots.
Le lendemain, le 26 août, à Abbeville, le jour n'est pas encore levé que toute la ville est en effervescence. Philippe VI se met en selle pour aller sus aux anglais alors qu'Edouard III ménage son armée et attend ses adversaires patiemment. L'armée française quitte la ville dans un désordre indescriptible. Le roi de France qui comprend qu'il ne pourra pas acculer l'armée anglaise à la mer, envoie des éclaireurs dans toutes les directions pour la localiser. La colonne de l'armée française était si importante qu'elle mit, une demi-journée pour quitter Abbeville. Les ordres ont, dans ce cas, du mal à circuler. On entend dans les rangs toutes les langues : le français, le picard, l'italien, l'allemand, le tchèque....
Bruyante, cette cohue constituée de piétons, de piquiers, d'hommes d'armes, de chevaliers, d'archers, d'écuyers, de chevaux, de chariots, de valets d'armes, de palefreniers se rassemble enfin dans la vallée des clercs entre Estrées et Crécy, et se regroupe plus ou moins en trois corps : celui des mercenaires gênois, celui du Comte d'Alençon, frère du roi et enfin celui du roi lui-même entouré du roi Jean de Bohème et des autres princes étrangers. Du côté français, selon Froissart, on trouve 30 000 h d'armes dont 15 000 Gênois; de l'autre côté, le prince noir, Edouard III, les comtes d'Arundel et de Northampton, selon Froissart 1200 h d'armes 1500 à 1600 armures, 4000 archers. La présentation face aux Français est soignée. Les chariots sont disposés en cercle fermé proches des archers puisqu'ils recèlent les réserves de flèches. Ces flèches d'ailleurs constitueront dans quelques heures l'atout maître de la victoire anglo-saxonne. Comme toujours, les Français s'excitent et se pressent d'écraser leur ennemi séculaire : on trouve dans cette cohue des piétons, des chevaliers, des archers, des palefreniers ... Le gros de la troupe talonne maintenant l'avant-garde, qui croit qu'on veut la doubler, et voila que dans la bousculade la plus totale, sans avoir décidé aucune tactique, l'armée française se retrouve face à l'armée anglaise. Une pluie d'orage vient subitement assombrir le ciel et transformer le terrain de manœuvre en un véritable bourbier . La gadoue, ça use les hommes ... C'est clair, l'arbalète est difficile à charger, le mécanisme s'enraye facilement. Les archers anglais font pleuvoir une volée de flèches sur les arbalétriers génois, sans armure ni bouclier, qui ne peuvent même pas utiliser leurs armes, rendues inutilisables par la pluie. Ces derniers n'ont plus qu'une chose à faire : s'enfuir. Ce qui n'est pas du goût de Philippe VI, qui ordonne de tailler en pièce ces traîtres qui gêne leur avance : « Tuez toute cette ribaudaille, car ils nous empeschent la voie! ». Le soleil revenu assez bas sur l'horizon interdit désormais de distinguer l'armée adverse. On ne sait plus qui est qui. Les piétons encombrent. Il est temps de passer aux choses sérieuses. 19h00 : ces messires les chevaliers décident de passer à l'action. La cavalerie française, alourdie par les armures qui ne servent que dans les combats rapprochés, mais nullement contre les volées de flèches. Les chevaliers chargent, mais bien peu arrivent à franchir les barrières d'archers pour engager le fer avec la cavalerie anglaise. Les français sont épuisés, mais l'honneur exige de se laisser massacrer plutôt que de renoncer ; Jean l'aveugle prend même part au combat, prouesse inutile. Son fils Charles de Luxembourg a lui déjà pris le chemin de la retraite. Les anglais quand à eux ont reçu des ordres : Ne pas faire de prisonniers ... une vraie boucherie !!
Les combattants français viennent mourir par milliers en avant de leurs lignes simplement pour prouver leur bravoure. Seule une troupe de chevaliers conduits par Jacques d'Estracelles parviendra au contact des troupes du Prince de Galles et le menacera sans pour autant inquiéter Edouard III qui du haut de son moulin continue à observer imperturbablement la bataille.
Philippe VI l'a bien compris, et c'est escorté de Hainaut, Montmorency et Beaujeu qu'il abandonne le combat ... Dans la nuit noire, le roi de France, flanqué de 50 hommes tout au plus, galope vers Amiens ... La bataille de Crécy est un désastre ...
Résultat : plusieurs milliers de morts. La nuit arrive.

Les pertes françaises sont lourdes : Toutes les grandes familles sont touchées : Jean de Luxembourg ; Charles, comte d'Alençon (frère du roi) ; Louis de Châtillon (comte de Blois), le duc de Lorraine, Jean de Châlons, Louis de Sancerre, Jean d'Auxerre, Louis de Nevers (comte de Flandres), le Comte d'Aumale, l'évêque de Sens, l'Archevêque de Nimes, Jean de Croï (sire d'Airaines), les comtes de Salm, de Blamont, d'Harcourt,....



La victoire des Anglais à Crécy fut une victoire de l'obéissance sur l'indiscipline, de l'organisation sur l'imprévoyance, de l'arc anglais sur l'arbalète génoise. En l'absence du connétable de France, Philippe VI accumula les fautes, dont la première fut d'engager l'action sans avoir laissé reposer hommes ni chevaux.
Deux jours après un succès aussi éclatant qu'imprévu, Édouard III reprenait sa fuite vers le nord, ses pillages et incendies : Montreuil, Etaples, Waben, St Josse. Il lui fallait un port pour se rembarquer, peut-être aussi pour assurer les campagnes futures. Renonçant à Boulogne, l'Anglais fit porter son effort sur Calais, qui semblait plus vulnérable, mais qui, tenace, et sérieusement ravitaillé par la marine normande, résista un an. Par terre, Philippe VI intervint trop tardivement et mollement. Se heurtant aux tranchées que, tel César devant Alésia, Édouard avait creusées devant son campement de siège (Villeneuve la Hardie), il se retira. Le 4 août 1347, la ville tombait, et les six bourgeois pris comme boucs émissaires ne durent leur salut qu'aux prières de la reine Philippa. Mais des Anglais remplaceraient dorénavant les habitants chassés de leur ville. Une trêve fut conclue avec Philippe, laquelle devait se prolonger jusqu'à la fin du règne.
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