Le château de Mouthe

La demeure de Loïc le viking
 
AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  GroupesGroupes  Connexion  

Partagez | 
 

 légende des dames d'entreportes

Aller en bas 
AuteurMessage
lothilde

avatar

Nombre de messages : 33
Date d'inscription : 29/08/2006

MessageSujet: légende des dames d'entreportes   Ven 15 Sep - 23:15

Lothilde et l’enfant au portrait marchaient main dans la main vers la bibliothèque. De gros nuages sombres couraient au ras des crêtes et une pluie drue s’était mise à tomber. Il fallait occuper le bambin et justement, en fouillant dans sa mémoire, Lothilde s’était souvenue d’une vieille légende. C’était le moment ou jamais.
Lothilde s’installa dans un fauteuil près de la cheminée


« Viens t’asseoir sur mes genoux…je vais te raconter une histoire qui s’est passée ici, il y a très très très longtemps »

L’enfant s’installa mais la regarda d’un air soupçonneux. Elle avait déjà un jour raconté l’histoire de la vouivre à l’école de Pontarlier et il avait eu tellement peur qu’il n’avait pas pu s’endormir le soir. Surprenant le regard de l’enfant, Lothilde le serra dans ses bras en riant

« Mais non ! Cette histoire ne fait pas peur ! Tu sais les trois gros rochers qui sont dans la vallée, avant d’arriver au château…eh bien c’est leur histoire que je vais te raconter. Ecoute ! »


Il y a très longtemps, le sire de Mouthe, ton ancêtre, vint à perdre sa femme, la douce Bertrande, qui venait de donner le jour à une troisième fille. Fou de douleur, il ne voulut pas reprendre d’épouse et se lança dans une vie de débauche. Il s’est mis à fréquenter les tavernes, comme ton tonton Loïc et ses amis de Pontarlier . Mais ce seigneur rustre, grossier, buveur et trousseur de filles, plus à l’aise au milieu des hommes d’armes que parmi les beaux esprits, était béat d’admiration devant ses filles, les plus belles de toute la contrée.
Berthe était blonde comme la moisson. Loïse avait des yeux d’émeraude et une magnifique chevelure rousse. Et la plus jeune, Hermance, avait un regard de velours sombre, une peau de miel et des cheveux de jais.
Pour elles il fit venir d’Italie et de Provence les clercs les plus savants, les joueurs de luth les plus talentueux, les troubadours les plus réputés. Et au fil des ans, la renommée des demoiselle de Mouthe gagna tout le royaume et même au-delà. Mais prises tout entières par ces jeux d’esprit elles étaient plus au fait des subtilités de la galanterie que des basses contingences du ménage, et leur nourrice, la vieille Mahaut, se désespérait de les voir dans l’incapacité de trouver des maris car en négligeant ainsi leur devoir de femmes, elles risquaient de mécontenter la Dame Verte, cette fée qui hantait les forêts du Haut-Doubs et jetait des sorts aux frivoles et aux coquettes. « riez, mes jouvencelles, riez tout votre saoul, profitez tant que vous le pouvez, car le châtiment viendra en son heure » maugréait Mylena, la fée verte frustrée.

« pas Mylena, pas Mylena hurla l’enfant au portrait, qui venait de s’assoupir et que la seule évocation de ce nom avait réveillé en sursaut »

Lothilde serra l’enfant dans ses bras en s’étonnant de la perspicacité de ce petit bonhomme.

« Non, n’aie pas peur ! Tu es trop petit pour intéresser la dame verte ! Plus tard peut-être, quand tu seras un homme ! Viens, maintenant, allons faire un tour dans la cuisine pour manger des gâteaux. Demain je te raconterai la fin de l’histoire »

Et les deux gourmands se ruèrent quatre à quatre dans les escaliers en pouffant de rire
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Lluna

avatar

Nombre de messages : 74
Localisation : Poligny
Date d'inscription : 03/09/2006

MessageSujet: Re: légende des dames d'entreportes   Sam 16 Sep - 15:50

Lluna arriva le lendemain dans la bibliothèque.
Elle tirait deux transats et avait dans sa besace noisettes, quelques biscuits, du jus de pomme et une bouteille pour les grands ...

Elle installa les transats à côté des fauteuils, juste devant la cheminée, et prit le 1er livre qui lui venait en main afin de patienter ...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
lothilde

avatar

Nombre de messages : 33
Date d'inscription : 29/08/2006

MessageSujet: Re: légende des dames d'entreportes   Sam 16 Sep - 23:22

A la tombée du jour, après avoir avallé en toute hâte une cuisse de sanglier et quelques babioles sucrées, Lothilde s'apprêtait à s'effondrer dans ses draps avec un bon vieux grimoire et s'en réjouissait d'avance. C'était sans compter avec le bambin qui, planté sur ses petites jambes en face d'elle, les poings sur les hanches, et l'air très mécontent, lui dit

"tu m'avais promis de me raconter la fin de l'histoire ce soir ! Evil or Very Mad alors puisque c'est ça, j'irai pas dormir na !"

lothilde soupira mais s'exécuta sans trop se faire prier

"de toutes façons, tu sais bien que je cède à tous tes caprices ! allez ouste ! allons dans la bibliothèque !"

Surprise Very Happy il y avait une visiteuse impromptue installée dans un transat et Oh merveille, plein de noisettes à grignoter !

"Lluna ! quel plaisir de te voir ici, vile tentatrice ! bienvenue dans notre domaine ! alors tu vas savoir la fin de l'histoire..."

Le marmot s'installa confortablement : coincé bien au chaud entre les deux femmes. La main dans le sac de noisettes et la bouche pleine de buscuits, il attendait qu'on lui raconte des histoires. Alors Lothilde reprit son grimoire


Le sire de Mouthe était très inquiet lui aussi, car il n’avait toujours pas d’héritier. Alors il se mit en chasse pour ses filles et les fêtes succédèrent aux fêtes, attirant les seigneurs de tous poils en mal d’épouse. Il faut dire qu’Hugues de Mouthe était puissant, et son alliance apporterait aux heureux élus considération, possession de terres et bénéfices importants.
Il en vint de toute la chrétienté, certains fort riches, d’autres désargentés mais de haut lignage, au blason prestigieux.
On vit même arriver un calife de Cordoue et un prince de moscovie. Mais riches ou pauvres, de grand renom ou inconnus, jeunes ou décrépis, beaux ou difformes, jamais Berthe, Loïse ou Hermance ne dépassèrent les jeux d’esprit et de l’amour courtois.
Les années passant, les visiteurs se firent rares et pour finir disparurent totalement.

Furieux contre ses filles qui par leurs singeries avaient fait fuir la fine fleur de la chevalerie, le sire de Mouthe prit une grande décision : il allait organiser un tournoi et les trois vainqueurs de ces joutes recevraient une fille en récompense de leur victoire.
Ce qui fut dit fut fait. Le champ clos fut établi dans la prairie en bordure du Doubs, au pied de la forteresse. La renommée de cette rencontre exceptionnelle fut telle que plus d’un mois avant la date prévue, bateleurs, mendiants et individus de toutes conditions affluèrent à Mouthe. On y trouvait des tailleurs, des bijoutiers, des maréchaux-ferrants, des changeurs juifs ou lombards, mais également des moines illuminés, des ribaudes et des tire goussets : toute une population que les archers du sire de Mouthe avaient bien du mal à contrôler.
Pendant ce temps, consignées dans la plus haute tour du château, les trois filles préparaient leur trousseau en maugréant.

Et les prétendants arrivèrent. Certains en équipages somptueux et d’autres, plus nombreux, avec un simple valet d’armes et n’ayant de fortune que leur destrier et leur harnais. Hugues de Mouthe tenait quotidiennement table ouverte et à dix lieues à la ronde, les manants battaient la campagne pour approvisionner les cuisines en perdrix, faisans, sangliers et chevreuils qui arrivaient par chariots entiers. Les vins de bourgogne, d’Italie et d’Espagne coulaient à flots.

Enfin, le grand jour arriva. Ils étaient une centaine à prétendre à la conquête des trois filles. Les joutes durèrent plus de dix jours et tous combattirent avec courage et ardeur. En fin de compte, six chevaliers restaient en lice : trois barons de haut lignage dont l’alliance ne pouvait qu’honorer le sire de Mouthe et face à eux trois inconnus, chevaliers errants montés sur des destriers noirs, qui depuis les premiers assauts paraissaient invincibles.
Le matin du dernier combat, le châtelain accompagné de ses filles prit place dans les tribunes. Les trompettes sonnèrent et le héraut d’armes appela les combattants.
Les trois jeunes seigneurs se présentèrent. Le premier était un baron anglais d’une grande beauté, le second venait d’Espagne et était accompagné de deux gardes maures, et le dernier un noble prince des bords du Rhin.
A leur tour les cavaliers noirs pénétrèrent dans le champ clos. Hommes et montures semblaient sortir de la nuit. Le sire de Mouthe s’adressa alors aux combattants « Allez, mes seigneurs…Et que les meilleurs gagnent ! »
Le combat fut rapide et tout à tour l’anglais, l’espagnol et le prince du Rhin furent désarçonnés
Le visage crispé, Hugues de Mouthe n’arrivait pas à masquer sa déception. Pâle, le visage décomposé, il se leva « que la volonté d’Aristote s’accomplisse ! »
Les cavaliers noirs mirent pied à terre et pour la première fois retirèrent leurs heaumes. L’assistance ne put retenir des exclamations horrifiées : le choix de la fée verte s’était porté sur les plus repoussants. Le premier, Baron Thibault d’Orgelès, seigneur de la Vaivre, avait le visage grêlé de petite vérole. Le second, Jean de Lorca, était noir de peau et de poils et ressemblait à un maure. Le dernier enfin, Siegfried de Wattenbach, était bancal et avait un visage de gnome. La fée verte jubilait « les petites mijaurées sont condamnées maintenant à subir l’autorité d’hommes rustres et brutaux…héhé ! »

Le sire de Mouthe fixa au dimanche suivant la cérémonie des épousailles. Mais les trois sœurs, qui n’avaient pas dit leur dernier mot, combinèrent une machination. Dissimulées sous leurs voiles nuptiaux, leurs demoiselles de compagnie les remplaceraient tandis qu’elles fuiraient du château. Le jour des noces, elles se glissèrent hors de l’enceinte où elles avaient dissimulé leurs montures. Malheureusement la supercherie fut vite découverte et fous de rage, les chevaliers noirs se lancèrent à la poursuite des fugitives.
Berthe, Loïse et Hermance cravachaient leurs juments qui tentaient d’accélérer leur allure mais peine perdue : comme poussés par une force diabolique, les étalons noirs semblaient littéralement voler. Echevelées, haletantes, les jeunes filles se savaient perdues, car c’était maintenant une véritable chasse qui s’engageait et déjà les destriers noirs arrivaient à la hauteur des fugitives….les bras se tendirent pour agripper les chevelures flottantes. Sentant que l’irrémédiable allait s’accomplir, les bouches des jeunes femmes s’ouvrirent sur un dernier cri…

Mais la dame verte, touchée par la détresse des trois sœurs, mit fin à leur supplice, les pétrifiant en blocs de rocher contre lesquels vinrent s’écraser les montures des poursuivants.

Voilà pourquoi depuis cette époque lointaine, les « dames des Entreportes » restent condamnées à monter la garde à l’entrée du vallon qui conduit à ce château…

"et voilà ! tu vois, ce n'était pas un histoire à faire peur Very Happy mais la prochaine fois que tu iras à Pontarlier, n'oublie pas de regarder au bout du chemin les trois rochers et dis bonjour à tes ancêtres ! "

"mais alors, mon ancêtre n'a pas eu d'héritier ! et d'abord moi j'aime pas la dame verte mamie lena Crying or Very sad " s'inquiéta le bambin qui ne perdait pas le nord..

"Eh bien si...parce que Hugues de Mouthe était un grand coquin et il aimait beaucoup les femmes. Alors quelques années plus tard, il rencontra une charmante princesse, beaucoup plus jeune que lui, et il lui fit d'un seul coup trois beaux et gros garçons Very Happy
et maintenant : au lit !!!"
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Lluna

avatar

Nombre de messages : 74
Localisation : Poligny
Date d'inscription : 03/09/2006

MessageSujet: Re: légende des dames d'entreportes   Dim 17 Sep - 21:23

Lluna remarqua alors son sachet de noisettes vide ...

Bon, allez, c'est pas tout mais la soirée m'attend Very Happy

Elle remercia Lothilde de cette merveilleuse légende, donna un gateau à l'enfant et quitta la bibliothèque ...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
l'enfant au portrait de L

avatar

Nombre de messages : 35
Localisation : bizarrement, toujours là où il faut!
Date d'inscription : 08/08/2006

MessageSujet: Re: légende des dames d'entreportes   Jeu 5 Oct - 0:09

le gamin attrapa le gateau tendu par lluna et se le fourra tout entier dans la bouche.

Moi f'aime pas la dame ferte mamie fena, dit il en postillonant des bouts de gateaux...
Elle était bien ton hiftoire tatie Fothilde.

Il donna la main à sa tatie Lothilde qui l'emmena se coucher et l'enfant réva toute la nuit de gâteaux vert poussant sur les arbres entourant les 3 rochers.

_________________
Alvin de son vrai prénom
Venez visiter: La gallerie d'art des Lions
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: légende des dames d'entreportes   

Revenir en haut Aller en bas
 
légende des dames d'entreportes
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Le tonnerre gronde, la pluie tombe, j'en suis heureuse....[Légende Japonnais]
» La légende de Martin et Martine par Tournesol
» Bretagne magazine spécial légende arthurienne
» Les lieux de la légende...
» Quelque vilains dans la Légende

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Le château de Mouthe :: Le Château :: la bibiothèque-
Sauter vers: